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Détails de l’album

Lundi 31 mars 2003

[va]

Montréal Free

Avec Balai Mécanique, Chris Burns, Nicolas Caloia, ’Gypt Gore, John Heward, Po

4xCD: No Type (2003) IMNT 0306/09

Improvisation Bruyant Radical Complexe

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Programme

disque 1: Po, «Provocative Operations»

1 Provocative Operations [47m14s]
Po

  • 1 I [4m42s]
  • 2 II [11m40s]
  • 3 III [4m09s]
  • 4 IV [6m53s]
  • 5 V [6m02s]
  • 6 VI [9m35s]
  • 7 VII [4m32s]

disque 2: ’Gypt Gore

1 Angular Momentum [8m26s]
’Gypt Gore

2 Corridors tressés [4m59s]
Thierry Amar, ’Gypt Gore

3 Stymie ’Stime [3m00s]
’Gypt Gore

4 And everything that looks like you [8m33s]
’Gypt Gore

5 Flakes [9m30s]
Andrew Dickson, ’Gypt Gore

6 Narcorama Action Painting [7m37s]
’Gypt Gore

7 Blue Soon [8m56s]
Thierry Amar, ’Gypt Gore

8 Navigation pacifique [6m15s]
Andrew Dickson, ’Gypt Gore

9 Chair à canon (Daisy Cutta) [11m00s]
’Gypt Gore

disque 3: Burns / Caloia / Heward: «Presence»

1 presence #1 [3m38s]
Chris Burns, Nicolas Caloia, John Heward

2 presence #2 [4m52s]
Chris Burns, Nicolas Caloia, John Heward

3 presence #3 [8m28s]
Chris Burns, Nicolas Caloia, John Heward

4 presence #4 [3m40s]
Chris Burns, Nicolas Caloia, John Heward

5 presence #5 [5m12s]
Chris Burns, Nicolas Caloia, John Heward

6 presence #6 [6m06s]
Chris Burns, Nicolas Caloia, John Heward

7 presence #7 [20m06s]
Chris Burns, Nicolas Caloia, John Heward

disque 4: Balai Mécanique

1 Amuse-gueule [56s]
Balai Mécanique

2 Les éléphants n’oublient jamais [20m56s]
Balai Mécanique

3 Rouages [11m42s]
Balai Mécanique

4 Cashel Boyle [1m01s]
Balai Mécanique

5 Brûle-pourpoint [13m51s]
Balai Mécanique

6 Balai mécanique! [1m37s]
Balai Mécanique

7 Racines [11m10s]
Balai Mécanique

Montréal Free

«Je commence où je suis
ce qui n’est pas la même chose
que de commencer de rien;
il y a plein de choses autour de nous
à tout moment. Rien n’est
pré-arrangé ou anticipé.
Il faut simplement laisser
ce qui est nécessaire
sortir et se faire entendre
ce qui n’est pas la même chose
que la répétition d’habitudes…»

… écrivit Malcolm Goldstein à propos de sa démarche musicale… Émergeant du passé et orientée vers le futur, l’improvisation s’inscrit dans le temps sur le mode de l’instant; elle qui a oublié hier, qui ne se soucie nullement de demain et dont l’existence s’avère, finalement, éphémère. Elle se veut néanmoins le premier moteur de la musique de Balai Mécanique, ’Gypt Gore, Po ainsi que du trio de Chris Burns, Nicolas Caloia et John Heward. L’improvisation… bigarrée, viscérale, dérangeante, vivante… Tant de qualificatifs qui s’appliquent également à ces quatre formations montréalaises.

Po incarne l’improvisation qui se fait funambule. Sam Shalabi, Rainer Wiens, Alexandre St-Onge, John Heward: lorsque l’ordinaire se transcende lui-même pour devenir extraordinaire. Ces quatre musiciens développèrent chacun un langage distinctif sur leurs instruments. À l’intérieur de ce cadre flottant s’imbriquent les sons et les silences pour composer une mosaïque pluridimensionnelle. Sam Shalabi, Rainer Wiens et Alexandre St-Onge triturent les guitares électriques et la contrebasse, grattant ici, préparant là, qui les cordes, qui la caisse de résonance, qui le chevalet et quoi encore ! — alors que John Heward contribue en exploitant toute la tonalité chromatique de ses tambours et cymbales. Les musiciens de Po redéfinissent leurs instruments en restreignant ce qu’ils ne sont pas et en induisant une nouvelle objectivation de ce qu’ils sont.

Balai Mécanique se situe à l’autre extrémité du spectre: six instruments qui assument leur identité, allant même jusqu’à la radicaliser. La guitare vocifère, le saxophone alto hurle, le trombone basse rugit pendant que les clavier, contrebasse et batterie sont martelés sans pitié. Les six musiciens de Balai Mécanique construisent un tourbillon sonore à grands coups de notes. Il en résulte une déflagration qui, par trois fois déjà, cloua les spectateurs de la Casa del Popolo sur leur chaise. Balai Mécanique ou l’improvisation dans ce qu’elle peut offrir de plus intense, voire de plus violent…

Dans une certaine mesure, ’Gypt Gore s’inscrit dans la lignée de Balai Mécanique, particulièrement en ce qui a trait à la fougue et à l’intensité déployées. Le duo s’en distingue néanmoins, ne serait-ce que par la vitesse et l’enchevêtrement perpétuel de la myriade de notes. Tel un torrent de sons qui happe de plein fouet, la guitare électrique de Sam Shalabi et le saxophone alto de Philémon s’égosillent à l’unisson dans un ultime rugissement discordant, grinçant, hérissant; une parfaite symbiose de deux musiciens qui se répondent constamment sans pour autant faire référence aux mots de l’autre.

Le trio de Chris Burns, Nicolas Caloia et John Heward prend la forme d’une appropriation de la différence: trois horizons, trois formations, trois approches, trois musiciens… Trois droites parallèles qui se croisent en une multitude de points. À l’instar de John Heward qui explore ses tambours et cymbales telle une sculpture, la matière brute a préséance dans l’approche du trio. Elle se veut en ce sens beaucoup plus sonore que musicale. En fait, la musicalité émerge du collage des sons et de leur agencement. Agencement des sons certes, mais aussi des musiciens. De l’ensemble vide jusqu’au trio en passant par les duos, la guitare de Chris Burns, la contrebasse de Nicolas Caloia et la batterie de John Heward actualisent toutes les combinaisons possibles au sein d’un trio: 1 x 0 + 3 x 1 + 3 x 2 + 1 x 3. Le trio devient octet par l’art des combinaisons. L’improvisation sert ici de substrat aux identités.

Quatre modèles différents illustrant toute la richesse de l’improvisation puisque, après tout, elle n’est rien de tout cela et beaucoup plus à la fois… L’improvisation… Libre!

Mathieu Bélanger, Montréal [xii-02]

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